Magnifique bureau plat de style Louis XV
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Bureau plat en placage et marqueterie de palissandre raffiné de style Louis XV. Rare qualité de bronzes dorés. Entièrement restauré.
Dimensions : H 80 cm x L 152 cm x P 71 cm
France, deuxième partie du 19ème siècle.
Lit: Le bureau plat naît en France à la fin du XVIIe siècle, dans le sillage du faste versaillais. Avant lui, on écrivait sur des meubles polyvalents — coffres, tables ordinaires, ou cabinets à abattant — qui ne répondaient pas aux exigences d’un usage prolongé de l’écriture. L’essor de l’administration royale, la multiplication des correspondances diplomatiques et la montée en puissance d’une aristocratie lettrée créent un besoin nouveau : un meuble entièrement dédié au travail intellectuel.
Le bureau plat se distingue par son large plateau dégagé, recouvert de maroquin (cuir souple, souvent vert ou rouge), bordé d’une galerie de bronze ou d’un filet doré, reposant sur quatre pieds galbés reliés par une entretoise. Sous le plateau, quelques tiroirs discrets suffisent : contrairement au bureau à cylindre ou au secrétaire, il ne cherche pas à dissimuler mais à offrir de l’espace et de la clarté. C’est un meuble d’apparat autant que de travail.
Sous la Régence puis sous Louis XV, il connaît son âge d’or. Les grands ébénistes — Boulle, Cressent, Oeben, Riesener — le couvrent de marqueterie raffinée, de bronzes ciselés et dorés, de bois de rose et de violette. Ses lignes s’incurvent, suivent les ondulations du style rocaille. Le célèbre bureau du Roi, commandé pour Louis XV et achevé par Riesener en 1769, en est l’apogée absolu, bien qu’il s’agisse techniquement d’un bureau à cylindre : il témoigne de l’ambition décorative de l’époque.
Avec Louis XVI, les lignes se redressent, l’ornement s’assagit. Le bureau plat adopte des formes plus rectilignes, des pieds fuselés, une esthétique néoclassique influencée par les fouilles d’Herculanum et de Pompéi. Puis le style Empire lui impose colonnes, caryatides, bronzes antéisants et acajou massif : il devient symbole de puissance, trônant dans les cabinets ministériels et les études notariales.
Au XIXe et au XXe siècle, le bureau plat se démocratise et se simplifie. Il perd ses ornements, gagne en sobriété, et finit par traverser tous les styles — de l’Art nouveau à l’Art déco, jusqu’au design contemporain — conservant toujours son essence : un plateau généreux, une invitation à la pensée, et cette silhouette immédiatement reconnaissable qui en fait, depuis trois siècles, le meuble du pouvoir et de l’esprit.
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