Buste en marbre de Marc Aurèle jeune

Seconde partie du 18e siècle

Prix sur demande

Nous contacter

Buste de Marc Aurèle jeune, d’après les modèles romains de l’époque antonine. Ce remarquable buste en marbre représente Marc Aurèle dans sa jeunesse, bien avant l’image familière de l’empereur philosophe portant une barbe abondante. Le modèle est saisi à l’âge du prince héritier : le visage encore imberbe, les traits réguliers et le regard calme. La tête, légèrement tournée, anime la composition et lui confère une présence méditative. Ce mouvement retenu évite la frontalité solennelle du portrait officiel et fait subtilement varier le profil, le regard et les volumes de la chevelure.

Le visage répond à un idéal classique tempéré par une véritable recherche de caractère. Le front est lisse, le nez droit et la bouche petite, fermée par une ligne délicate. Les grands yeux en amande, aux paupières nettement dessinées, sont sculptés avec iris et pupilles incisés. Ce procédé, hérité du portrait romain de l’époque antonine, concentre toute l’expression dans le regard. Celui-ci demeure cependant distant et intérieur : le sculpteur ne cherche ni l’emphase ni l’autorité militaire, mais une forme de gravité précoce qui annonce rétrospectivement le futur souverain stoïcien. La chevelure constitue le morceau de virtuosité de l’œuvre. Elle forme autour du crâne une masse compacte de boucles épaisses, traitées tantôt en spirales profondément creusées, tantôt en mèches souples et ondulantes. Le ciseau modèle les plans généraux tandis que le trépan, employé ponctuellement au cœur des boucles, produit des ombres profondes et accentue leur relief. Le contraste entre cette couronne capillaire très travaillée et le poli plus uni du visage donne au portrait sa force plastique. De profil et de dos, les mèches restent soigneusement organisées, preuve que le buste a été conçu pour être observé sous plusieurs angles.

Dimensions : Hauteur : 38 cm – Largeur aux épaules : 33 cm – Profondeur : 17 cm.

École italienne, probablement romaine, seconde moitié du XVIIIe siècle, entourage des ateliers de sculpture travaillant pour le Grand Tour.

Lit : L’iconographie se rattache aux portraits officiels diffusés lorsque Marc Aurèle était encore César. Une tête romaine datée vers 138 et conservée au Metropolitan Museum montre déjà les signes distinctifs de ce type. Le buste antique de Marc Aurèle jeune provenant de la villa de Chiragan, élaboré vers 145 et conservé au musée Saint-Raymond, offre un autre rapprochement important. Son portrait fait évoluer le type adolescent par l’apparition d’une moustache et d’une barbe naissantes.

La comparaison la plus significative concerne toutefois un buste de Marc Aurèle jeune du XVIIIe siècle conservé au Louvre, également en marbre blanc et donné comme une création romaine possible. Bien que plus petit et monté sur un piédouche en jaune de Sienne, il atteste directement le succès de ce modèle dans la sculpture décorative du XVIIIe siècle. (Buste de Marc Aurèle jeune – Louvre site des collections)

Un buste italien de Marc Aurèle, daté de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle et conservé au Saint Louis Art Museum, est explicitement interprété comme un souvenir d’antiquité destiné à un voyageur nord-européen visitant Rome. Il rappelle combien Marc Aurèle, admiré comme empereur philosophe, occupait une place privilégiée dans la culture du Grand Tour.

Biographie : Né à Rome le 26 avril 121 sous le nom de Marcus Annius Verus, Marc Aurèle fut adopté comme héritier par l’empereur Antonin le Pieux. Il reçut une formation approfondie en rhétorique et en philosophie et se rapprocha très tôt du stoïcisme. À la mort d’Antonin, en 161, il devint empereur et partagea d’abord le pouvoir avec son frère adoptif Lucius Verus. Son règne, qui dura jusqu’en 180, fut marqué par la guerre contre les Parthes, une grave épidémie et de longues campagnes sur les frontières danubiennes. C’est en grande partie pendant ces campagnes qu’il rédigea en grec les textes connus sous le titre de Pensées pour moi-même ou Méditations, exercices personnels consacrés au devoir, à la maîtrise de soi et à l’acceptation de l’ordre naturel. Mort le 17 mars 180, probablement à Vindobona ou à Sirmium, Marc Aurèle demeure l’une des figures majeures du stoïcisme et l’archétype de l’empereur philosophe, cherchant à concilier l’exercice du pouvoir avec les exigences de la raison et de la vertu.