Paire de bustes d’enfants en marbre, entourage d’Alesandro Algardi (Bologne 1595 – Rome 1654)
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Superbe paire de bustes d’enfants en marbre blanc du baroque italien. Torse nu, tête légèrement inclinée, yeux mi-clos et bouche entrouverte, Ce type est très répandu dans la sculpture baroque romaine, souvent désigné comme « enfant endormi » ou « enfant rêveur ». Ce genre de tête d’enfant idéalisée, sans attribut particulier, servait à des fins décoratives. Les socles, base carrée en marbre rouge veiné blanc surmontée d’un piédouche gris, semblent d’un module identique et de facture plus tardive (XIXe siècle probablement). Bel état, patine correspondante à l’époque.
Dimensions : H 38 et 39 cm – L d’épaules 21 cm – base 15cm x 15 cm
Rome, seconde partie du 17e siècle.
La Technique de la chevelure est indice chronologique important, car sur les deux têtes, on observe de petites mèches bouclées creusées au trépan (le petit trou rond visible au centre de la boucle). Cette « boucle en spirale au trépan » est une signature technique très caractéristique des ateliers romains de la seconde moitié du XVIIe siècle, on la retrouve dans l’entourage d’Alessandro Algardi et, plus largement, chez les marbriers romains formés dans cette tradition (Ercole Ferrata, Domenico Guidi, etc.). Le chignon en rouleau serré de la petite fille est un autre motif de coiffure typique de cette période. La chair est traitée avec un modelé assez gras et adouci (joues rebondies, menton fondu), les yeux en amande légèrement enfoncés sous des paupières lourdes sont des traitements très « algardien » dans son naturalisme retenu, moins théâtral que Bernin mais tout aussi sensible dans le rendu de la peau.
Lit : Alessandro Algardi naît à Bologne en 1598. Il se forme d’abord comme peintre et dessinateur à l’Accademia degli Incamminati, l’académie fondée par les Carrache, où il reçoit une formation classicisante fondée sur l’étude du naturel et de l’antique, un héritage qui marquera durablement son style sculptural. Il se tourne ensuite vers la sculpture, sous l’influence probable de Ludovico Carracci, avant de quitter Bologne pour parfaire sa formation. Après un séjour à Mantoue, où il travaille pour le duc Ferdinando Gonzaga et étudie les collections ducales de sculpture antique, Algardi s’installe définitivement à Rome vers 1625. Les débuts romains sont modestes : il travaille d’abord comme restaurateur d’antiques et exécute des figurines en argent et de petits objets décoratifs, dans l’ombre du tout-puissant Gian Lorenzo Bernini, qui domine alors la scène artistique romaine sous le pontificat d’Urbain VIII (Barberini). La carrière d’Algardi prend un tournant décisif avec l’avènement du pape Innocent X Pamphili en 1644. Contrairement à son prédécesseur, Innocent X se montre plus réservé envers Bernin et favorise Algardi, qui devient alors le principal rival du Cavalier Bernin à Rome. C’est de cette période que date son chef-d’œuvre absolu : le relief monumental en marbre de la Rencontre de saint Léon le Grand et Attila, dans la basilique Saint-Pierre (1646-1653), une composition d’une ampleur narrative et d’une virtuosité technique exceptionnelles pour un bas-relief. Algardi excelle également dans le portrait sculpté, où son approche se distingue de celle de Bernin par un naturalisme plus retenu, une observation attentive et sobre de la physionomie, moins théâtrale et moins mouvementée que le style berninesque. Son buste du pape Innocent X (et sa statue en pied à Bologne) illustre cette veine plus classique et mesurée. Il travaille aussi abondamment pour la sculpture funéraire et décorative, dirigeant un atelier important qui emploie de nombreux collaborateurs et assistants, contribuant à diffuser son vocabulaire stylistique dans toute la sculpture romaine de la seconde moitié du XVIIe siècle. Alessandro Algardi meurt à Rome en 1654. Il est aujourd’hui considéré, avec Bernin et François Duquesnoy, comme l’une des trois grandes figures de la sculpture baroque romaine, incarnant un baroque plus classicisant, retenu et « bolonais » face à l’exubérance dramatique du Bernin.
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